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La grande aventure du Pacifique : deux amis vont défier le Pacifique pour la bonne cause

Jacob Pope a appris qu’il était atteint d’hémophilie B à l’âge de sept ans. « Les médecins ont mis du temps à découvrir ce qui n’allait pas, mais je me trouve chanceux car je ne fais plus aussi souvent d’hémorragies, une fois par mois, peut-être », explique-t-il.

Pour quelqu’un qui vit avec un trouble de coagulation, Jacob a passé toute son enfance à s’entraîner pour devenir un sportif. En fait, à l’âge de 19 ans, cet étudiant et rameur de l’université de Géorgie a accepté de participer à ce que les organisateurs de la Great Pacific Race appellent « le défi le plus important, le plus dur et le plus endurant du monde ».

La Great Pacific Race, une course dont l’objectif est de relier la Californie à Hawaii à la rame, ne s’est disputée qu’une seule fois en 2014 et l’événement de rame océanique a été marqué par deux sauvetages de la Garde côtière, notamment l’intervention spectaculaire d’un hélicoptère lors d’une terrible tempête, des bateaux contraints de faire marche arrière à cause de maux de mer et un canot qui a fini sa course au Mexique. Cinq des treize canots en lice n’ont pas fini leur course. Dire que cette course est imprévisible est un euphémisme.

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Jacob a rencontré son équipier de rame Chris Lee à l’équipe d’aviron de l’université et c’est Lee qui a eu l’idée de traverser le Pacifique à la rame. « Il en a parlé une seule fois et je me suis mis à rire ». Mais cette idée a de plus en plus germé dans ma tête jusqu’à en devenir une véritable obsession. J’avais la sensation qu’il fallait le faire. Je ne sais pas comment l’expliquer autrement », confie Jacob.

Jacob explique qu’ils avaient prévu au début de traverser l’Océan Atlantique à la rame. « À la base, on comptait traverser l’Atlantique à la rame, mais plus on se penchait sur la question, plus on entendait des histoires horribles selon lesquelles les équipements et les provisions étaient confisqués par les douanes. On ne voulait pas s’être préparés à quitter le Portugal pour que toutes nos provisions soient confisquées par les douanes. ». Par conséquent, ils se sont dit qu’il était moins risqué de participer à la course Great Pacific Race pour relier San Francisco à Hawaï.

Il faut préciser qu’on n’a pas choisi l’option la plus facile. La distance des deux traversées est comparable et bien que la Great Pacific Race soit officiellement définie à 2 400 milles nautiques (près de 3 862 km), en raison de divers facteurs comme les intempéries, les courants et les virements qui jalonnent la course, la plupart des équipages parcourent en réalité près de 3 000 milles nautiques (4 824 km). La distance de la traversée de l’Atlantique à la rame est d’environ 2 550 milles nautiques, soit 4 700 km.

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En fonction des intempéries et des courants, les concurrents à la Great Pacific Race ont toujours terminé la course entre 30 et 80 jours. Jacob et Chris pensent la terminer en 45 jours. Le canot à bord duquel ils feront la traversée fait 25 à 35 mètres de long et environ 1,80 m de large et dispose de deux minuscules cabines, l’une pour stocker les provisions et l’autre pour dormir.

Les moteurs et les voiles n’étant pas autorisés, Jacob et Chris ne devront compter que sur leur force pour faire avancer leur canot. Autrement dit, un an avant la course, ils ont déjà entamé un programme d’entraînement intense. « À partir de maintenant jusqu’en décembre, on va s’entraîner comme si on allait faire un marathon. Il faut qu’on s’entraîne beaucoup pour améliorer notre endurance. Dès qu’on sera suffisamment endurants, il nous faudra nous concentrer plus sur la rame », explique Jacob. Il devra emporter suffisamment de traitement avec lui, ce qui prendra beaucoup de place précieuse mais Jacob a conscience du défi qu’il l’attend. « Je n’ai pas le choix, il va falloir que je fasse extrêmement attention en préparant les affaires et que je m’assure d’emporter suffisamment de facteurs avec moi. »

Lorsqu’on lui demande comment sa famille prend le fait que Jacob envisage de parcourir des milliers de kilomètres à la rame pour traverser l’océan, il esquisse un sourire et raconte qu’au début, il en a parlé à sa mère et sa réponse a été : « Je pensais que tu allais m’annoncer quelque chose de pire, comme aller dans l’espace par exemple ».

À cet égard, il faut noter qu’il existe plus de personnes qui sont allées dans l’espace que de personnes ayant réussi la course.

« Mon père et moi avons longuement discuté au sujet de ce projet », déclare Chris. « Il s’est finalement fait à cette idée lorsque je lui ai expliqué en détail mes motivations ; je lui ai expliqué que cette aventure n’était pas seulement le rêve que je souhaitais exaucer, mais que cela avait le pouvoir de toucher un grand nombre de vie. »

Jacob et Chris s’engagent dans la course afin de collecter de l’argent au profit du camp Wannaklot de l’association Hemophilia of Georgia dont la mission est de donner aux enfants et aux adolescents atteints d’hémophilie et d’autres troubles de coagulation héréditaires un lieu sûr et spécial pour passer une partie de leurs vacances d’été dans un environnement sans danger. Pour contribuer à leur campagne et soutenir les rameurs, rendez-vous à la page http://www.gofundme.com/rowforhemophilia.

Chris explique en bref comment selon lui le fait d’aider le camp leur permettra de venir à bout de cette course. « …comme cela ne sera pas tâche aisée, dans les moments durs, il nous sera infiniment plus facile de continuer à nous battre en sachant qu’un enfant au camp de Wannaklot aura une autre opportunité ou qu’un chercheur pourra faire une grande découverte grâce à notre campagne de sensibilisation ».

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Nous ferons le point sur l’évolution des rameurs sur Facebook et Twitter.

« On espère non seulement exaucer un rêve en assouvissant notre soif d’aventure, mais en le faisant, nous ferons une grande différence dans le monde ». On se complète, mais comme cela ne sera pas tâche aisée, dans les moments durs, il nous sera infiniment plus facile de continuer à nous battre en sachant qu’un enfant au camp de Wannaklot aura une autre opportunité ou qu’un chercheur pourra faire une grande découverte grâce à notre campagne de sensibilisation. » – Chris Lee