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Leadership en formation : un conte d’Afrique du Sud

Lorsque le Dr Nomawethu Tonjeni, médecin d’Afrique du Sud, a présenté sa candidature au Programme de bourses des centres internationaux de formation en hémophilie (CIFH) en 2012, elle souhaitait tout savoir sur le diagnostic et le traitement des patients atteints de troubles de coagulation.

Comme elle avait déjà assisté à des ateliers éducatifs en Californie, à Sendai, ainsi qu’au Congrès mondial 2010 de la Fédération mondiale de l’hémophilie à Buenos Aires, elle était désireuse d’en savoir plus. En 2012, elle s’est vu décerner une bourse et a entrepris sa formation au centre de soins complets de l’hémophilie à Manchester, au Royaume-Uni, sous la direction du Prof. Charles Hay.

« En arrivant, j’ai eu le sentiment d’être dans un hôpital immense et bien équipé du monde développé qui possédait le plus grand laboratoire que je n’avais jamais vu, » déclare le Dr Tonjeni. « Les unités, les services, les dispensaires et les programmes hebdomadaires étaient bien organisés. » Le CIFH disposait d’une équipe pluridisciplinaire composée de médecins, de cliniciens infirmiers, de chercheurs en laboratoire, de physiothérapeutes et de travailleurs sociaux. Elle avait la sensation qu’elle recevait une formation de qualité mondiale dispensée par des « enseignants excellents et compétents ».

Au cours des quatre semaines que le Dr Tonjeni a passées à Manchester dans le cadre de son programme de bourses, elle a eu la possibilité de découvrir les divers aspects du traitement hémophilique. « J’ai beaucoup appris sur la prise en charge des femmes enceintes atteintes de thromboses ou de troubles de coagulation ; un service qui n’est pas offert dans mon pays ». Elle a également assisté à des séances cliniques sur l’hématologie pédiatrique, découvert les bases de données nationales du Royaume-Uni, le traitement à domicile, ainsi que l’utilisation des smartphones comme outils et elle a suivi des cours sur les examens en laboratoire relatifs à l’hémophilie et à l’hémostase. Son programme comprenait l’observation de la co-prise en charge des patients avec d’autres disciplines telles que l’obstétrique et la clinique du VIH. L’un des moments forts de son séjour à l’hôpital Manchester Royal Infirmary a été la visite de l’équipe nationale d’accréditation du Royaume-Uni au centre de soins complets de l’hémophilie de Manchester. « Cela m’a servi de leçon pour établir un centre de l’hémophilie et les éléments à mettre en place », déclare le Dr Tonjeni.

Aujourd’hui, le Dr Tonjeni rend visite à l’hôpital périphérique et aux dispensaires afin de former d’autres médecins et infirmiers cliniciens sur les méthodes de diagnostic et de traitement des patients atteints de troubles de coagulation. Elle contribue également aux campagnes de sensibilisation dans les écoles et fait des interventions à la radio. En qualité de spécialiste en chef et directrice de la clinique de l’hémophilie du centre hospitalier Nelson Mandela à Mthatha, le Dr Tonjeni a constaté une augmentation du nombre de patients qui se rendent à la clinique. Elle constate également que la haute direction de son hôpital est très solidaire et lui alloue le budget nécessaire pour que le dispensaire dispose d’un approvisionnement constant en facteurs. Ses services de laboratoire ont également été améliorés, les physiothérapeutes ont reçu une formation actualisée, un urologue se charge de contrôler médicalement les circoncisions et des bilans dentaires réguliers sont désormais proposés aux patients.

Le Dr Tonjeni fait maintenant partie d’un réseau de plus de 600 anciens boursiers des CIFH qui s’emploient à améliorer les soins des patients atteints de troubles de coagulation dans le monde. Elle est reconnaissance de la formation qu’elle a reçue dans le cadre du programme de bourses des CIFH. « Cette formation m’a permis d’ouvrir les yeux sur un grand nombre d’aspects : la création d’une clinique, les éléments à mettre en place, l’organisation de la clinique, la recherche, les bases de données, le traitement à domicile, la prophylaxie, l’utilisation des smartphones, l’importance des services de soutien (équipe multidisciplinaire) et bien plus encore. »

Le FHM tient a remercier Bayer pour leur soutien exclusif du programme CIFH.