WFH NETWORK

Sur le terrain, des victoires contre la COVID-19 au Liban, en Tunisie et au Soudan

Cet article est le premier d’une série de 3 textes sur la réponse des ONM au Moyen-Orient à la pandémie de maladie à coronavirus 2019 (COVID-19), qui ont dans le même temps continué à défendre leurs actions pour un meilleur accès au traitement et aux soins des communautés locales des troubles de la coagulation. Leurs approches reflètent les réalités spécifiques à chaque pays, en termes de capacité, de politiques de santé publique et d’infrastructures de santé. La FMH rend hommage à leur ingéniosité et à leur dévouement.

Le Moyen-Orient a montré toute sa résilience ainsi que son sens de la communauté au cours des difficultés des derniers mois. Depuis plusieurs dizaines d’années maintenant, les ONM du Moyen-Orient ont construit des partenariats avec les gouvernements et les équipes médicales, pour informer les personnes atteintes de troubles de la coagulation et leur famille, et pour promouvoir un meilleur accès au traitement et aux soins à domicile. En s’appuyant sur ce parcours, dans le contexte de la crise de la COVID-19, elles continuent à trouver de nouveaux moyens de soutenir les communautés locales des troubles de la coagulation.

Les organisations nationales membres (ONM) et les centres de traitement de l’hémophilie (CTH) du Moyen-Orient ont à présent intensifié leur travail pour introduire des mesures visant à servir et à protéger les communautés pendant la crise de la COVID-19. Elles se sont servies des leçons tirées de temps moins difficiles, et les ont adaptées à leurs besoins actuels. Dans des situations ou les systèmes de sécurité sociale sont inadaptés, la principale inquiétude de beaucoup d’ONM est la difficulté économique dans laquelle se trouvent les personnes atteintes de troubles de la coagulation et leurs familles, à cause de la perte d’un emploi ou de journées de travail. Tandis que la FMH et toute notre communauté continue de s’engager en faveur de notre vision du Traitement pour tous, les ONM ont vu la nécessité de s’adapter aux réalités actuelles.

Au Liban, le ministère de la Santé propose un diagnostic et un traitement gratuit de la COVID-19 au sein des hôpitaux publics de Beyrouth et du pays. Des dons provenant de nombreux Libanais ont également contribué à l’équipement d’unités spéciales et au paiement des frais de traitement de la COVID-19 pour le grand public. Pour sa part, l’Association libanaise de l’hémophilie (LAH) a également trouvé un moyen concret de soutenir les familles des personnes atteintes de troubles de la coagulation qui ont été socialement et économiquement affectées par la crise : en leur distribuant de la nourriture et des produits de première nécessité. Le vice-président de la LAH, Ali Taher (qui est médecin), a fait un don qui a permis à l’association de distribuer des bons à 42 familles libanaises enregistrées auprès de l’ONM. La présidente de la LAH, Solange Sakr El-Hage, a déclaré : « Il est de notre devoir de garder les portes de notre association ouvertes pour fournir des traitements et garantir le bien-être de notre communauté des troubles de la coagulation, de la communauté des réfugiés ainsi que de nos futurs patients. »

L’Association tunisienne des hémophiles (ATH), qui travaille en étroite collaboration avec le réseau des centres de traitement de l’hémophilie (CTH) à Tunis, Sousse et Sfax, a également pris très à cœur les risques encourus par les personnes atteintes de troubles de la coagulation avec la COVID-19. Taoufik Raissi, président de l’ATH, s’est exprimé : « l’une des caractéristiques de la situation de santé actuelle est la solidarité et la cohésion entre les ONM et la communauté, et entre les familles elles-mêmes. Je tiens à rendre hommage aux professionnels de santé qui ont compris la nécessité de distribuer du facteur rapidement et en toute sécurité. » Le CTH de l’hôpital Aziza Othmana a notamment été en première ligne des efforts pour assurer que les personnes atteintes de troubles de la coagulation soient bien soignées et protégées contre la COVID-19, en réduisant le nombre de leurs visites à l’hôpital. Emna Gouider, médecin, explique : « en travaillant en partenariat avec le gouvernement et notre ONM, notre CTH a suivi très tôt les recommandations de la FMH sur la réduction des visites à l’hôpital. »

Au Soudan, l’ONM a surtout fait en sorte que les personnes atteintes de troubles de la coagulation à Khartoum et dans d’autres grandes villes reçoivent du facteur pour administration à domicile. Maria Satti, médecin et directrice du CTH de Khartoum, précise que dans la prise en charge des personnes atteintes de troubles de coagulation en zone isolée, « il est extrêmement important de former les patients à la prise en charge à domicile de leurs saignements. Avec les grandes distances qui séparent les différents foyers et le CTH, il n’est pas toujours facile de trouver de l’aide. » En ces temps de confinement et de restriction des déplacements, et avec des stocks de facteurs estimés pour deux mois seulement, l’investissement dans la formation des patients est essentiel. Mme Satti encourage les autres ONM à faire de même pour permettre au plus grand nombre de bénéficier de soins le plus longtemps possible, pendant la crise de la COVID-19 et après.