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Thérapie génique : que reste-t-il à faire pour répondre, notamment, aux besoins non satisfaits ?

Trois experts en thérapie génique dans le domaine de l’hémophilie ont présenté leurs exposés lors de la dernière session du premier jour du 10e Forum mondial de la Fédération mondiale de l’hémophilie, qui s’est tenu à Montréal, le 7 novembre 2017. Intitulée Thérapie génique : que reste-t-il à faire pour répondre, notamment, aux besoins non satisfaits ?, la session était présidée par le Docteur David Lillicrap.

Vers une guérison de l’hémophilie : ce que l’on sait que l’on sait et ce que l’on sait qu’on ne sait pas

La présentation du Docteur Glenn Pierce s’est concentrée sur la thérapie génique qui constitue une solution à long terme pour l’hémophilie. Le Docteur Pierce a présenté une vue d’ensemble des implications en matière d’efficacité, de sécurité, ainsi que les résultats prometteurs de cette technique plutôt complexe. Bien que des niveaux thérapeutiques de facteur VIII (FVIII) et facteur IX (FIX) ont été enregistrés aux premiers stades des essais cliniques, il reste beaucoup à faire, notamment à optimiser les bonnes pratiques de fabrication, avant de pouvoir commercialiser de telles solutions thérapeutiques. Le Docteur Pierce a une nouvelle fois souligné l’importance de mener des recherches approfondies pour en savoir plus sur ce que l’on sait que l’on sait (known knows), comme l’intégration des vecteurs par le foie et l’importante toxicité hépatique subclinique, mais aussi sur ce que l’on sait qu’on ne sait pas (known unknowns), comme l’efficacité, la sécurité et les conséquences de l’intégration à long terme. Le Docteur Pierce a conclu sa présentation en déclarant que la recherche en thérapie génique ne devrait pas s’achever au lancement des essais cliniques.

Comment évaluer l’efficacité des essais de thérapie génique

Lors de son exposé, le Docteur Marijke van den Berg a déclaré que la thérapie génique était à portée de main et qu’elle devrait entraîner une guérison de l’hémophilie A et B dans un avenir proche. Des taux de FVIII et FIX durables (>10 %) ont, en effet, été atteints et l’impact sur le taux annuel de saignement dépend du capital articulaire au début de la thérapie génique. Le Docteur Van den Berg a indiqué les critères d’évaluation les plus pertinents à intégrer dans les essais en thérapie génique. Les principaux critères devraient tenir compte de l’activité du facteur, à savoir un taux durable (>5 %) de FVIII et FIX. Les critères secondaires les plus importants sont le taux annuel de saignements, la consommation de facteur et la qualité de vie relative à la santé des patients.

Thérapie génique dans les pays en voie de développement

Afin de décrire une solution financièrement envisageable en matière de thérapie génique pour les patients hémophiles vivant dans les pays en voie de développement, le Docteur Alok Srivastava a rappelé l’exemple de la transplantation de cellules souches hématopoïétiques chez des personnes atteintes de thalassémie majeure. Le Docteur Srivastava a également expliqué ce qu’était un vecteur de type AAV (adeno-associated virus), sur lequel se base l’essai clinique en thérapie génique qui a actuellement lieu en Inde, en collaboration avec les Etats-Unis. Il a aussi décrit les stratégies utilisées pour améliorer l’expression de la protéine du facteur déficient. Il a souligné l’importance des collaborations avec les responsables des autorités de régulation et les représentants de patients afin de mieux faire connaître la thérapie génique et de partager les informations en la matière. Le Docteur Srivastava a indiqué qu’il était possible que, dans quelques années à peine, l’hémophilie puisse être traitée par thérapie génique. Il a ajouté que les choses pouvaient toujours être améliorées, comme par exemple la possibilité d’utiliser un lentivecteur afin d’éviter les obstacles associés à l’utilisation de vecteurs de type AAV.